5.3.1-Pourquoi communiquer ?

Les grandes lignes directrices qui peuvent conduire à mettre en œuvre le rappel des produits, donc une communication vers les consommateurs, doivent prendre en compte la gravité des conséquences probables d'un éventuel maintien des produits chez ces consommateurs et le contexte épidémiologique, y compris les cas où tous les produits ont déjà été consommés.

Le rappel n'est pas systématique et a un double objectif :

  • soustraire de l'exposition au danger des personnes qui détiendraient des produits incriminés ;

  • alerter les personnes ayant été exposées ou ayant consommé les produits sur les risques encourus afin qu'elles prêtent une attention particulière à la survenue de certains signes et soient incitées à consulter leur médecin en l'informant de l'alerte afin de faciliter un diagnostic et une prise en charge thérapeutique.

Le rappel est décidé en fonction de l'importance du risque potentiel ou avéré pour la santé humaine :

  • le risque peut être plus élevé pour certaines populations (cas par exemple de la listériose chez la femme enceinte, de l'infection à Enterobacter sakazakii chez le nouveau-né prématuré) ou plus élevé compte-tenu de la gravité (cas par exemple du botulisme ou des infections liées à la présence d'Escherichia coli entéro-hémorragiques) ;

  • le risque pour le consommateur peut se mesurer par rapport à une réglementation existante (non respect d'une norme technique ou dépassement de seuils entraînant un risque) ou à des avis d'experts scientifiques (modélisation de consommation moyenne, effet pathogène cumulé, dose infectante, dose létale 50 ...) ;

  • cette évaluation doit tenir compte également de l'éventuelle évolution de ce risque dans le temps (augmentation ou diminution), jusqu'à la fin de la durée probable d'utilisation et des justifications de cette évolution détenues par les exploitants ;

  • la surveillance périodique de l'évolution du risque lié au produit en cause peut s'avérer nécessaire pour que le rappel soit déclenché dès que le niveau du risque dépasse une limite acceptable (analyses répétées dans le temps pour apprécier l'évolution du risque).

Cependant, même en l'absence d'un risque avéré sur des produits mis à la disposition du consommateur, des opérations de rappel peuvent être nécessaires, par exemple :

  • si des éléments conduisent à suspecter avec une probabilité suffisante que d'autres produits ou lots fabriqués dans des conditions similaires et commercialisés peuvent également représenter un danger => rappel de ces derniers produits ou lots avant même toute vérification analytique ;

  • dès lors qu'un produit est clairement identifié comme étant à l'origine de l'apparition de cas humains et même si, au moment où la preuve est obtenue, les effets indésirables ont pris fin (par exemple après la fin d'une épidémie alimentaire) => rappel systématique.